Personne ne souscrit une assurance en espérant avoir un accident. On la prend pour être tranquille. Pour moi, les arts martiaux, c'est exactement ça.
Le meilleur scénario, c'est de ne jamais s'en servir. Mais le jour où une situation tourne mal, on est content d'avoir quelque chose sur quoi compter.
Je pense que chacun se doit un minimum : une base technique et stratégique pour s'en sortir avec le moins de dégâts possible en cas d'agression. Et surtout, pour la voir venir et l'éviter avant qu'elle commence. La meilleure défense reste le combat qui n'a jamais lieu.
« Mieux vaut être un guerrier dans un jardin qu'un jardinier dans une guerre. »
Ce proverbe résume bien l'idée. On s'entraîne en temps de paix, sans pression, pour ne pas être démuni le jour où ça compte.
Salman Ozserik
Les origines
Avril 1959. Un jeune homme de 18 ans quitte Hong Kong en bateau pour les États-Unis. À Seattle, il loge dans une chambre sous les toits du restaurant de Ruby Chow, où il travaille comme serveur. Il s'appelle Bruce Lee.
Août 1959. Dans le public d'une démonstration de Kung Fu, à la fête de la Seafair, un jeune judoka de Seattle regarde la scène avec son ami Ed Hart. Il s'appelle Jesse Glover, et ce qu'il voit le frappe. Peu après, le hasard les réunit sur le même campus. Jesse l'aborde et lui demande de devenir son élève : il sera le premier. Leur dojo ? L'arrière-cour du restaurant et un parking d'en face. C'est là que tout commence.
I
Bruce Lee
La source
Élève de Yip Man en Wing Chun, il cherche sans relâche ce qui fonctionne. Il enseigne d'abord le Jun Fan Gung Fu, « le Kung Fu de Bruce Lee », à Seattle puis à Oakland, avant de créer en 1967 le Jeet Kune Do, la voie du poing qui intercepte.
Aux États-Unis, Fook Yeung, ami de son père, veille sur lui comme un oncle. Lors d'un échange de mains collantes, Bruce ne parvient pas à passer sa garde et lui demande de lui enseigner son art. Sa forme préférée : le Tong Loong, la mante religieuse.
Le cinéma fera le reste : en quatre films, de Big Boss à Opération Dragon, il fait découvrir le Kung Fu au monde entier, avant de disparaître en 1973, à 32 ans.
II
Jesse Glover
1935–2012, premier élève de Bruce Lee et fondateur du Non-Classical Gung Fu
Judoka confirmé, il ne connaît presque rien à la frappe : c'est Bruce qui la lui apprend. De 1959 à 1962, ils s'entraînent presque toujours seul à seul. Bruce a quitté Yip Man et n'a pas encore créé le Jeet Kune Do : il teste son Wing Chun contre toutes sortes de combattants, garde ce qui marche et jette le reste. Jesse encaisse, observe et retient tout.
Après le départ de Bruce, il reprend ces principes, les structure et les adapte : c'est le Non-Classical Gung Fu, une méthode pensée pour qu'une personne ordinaire puisse se défendre, et qu'il ne cessera jamais de faire évoluer. Il l'enseigne pendant 50 ans et la raconte dans un livre devenu culte. Hollywood ne l'oublie pas : dans Dragon, l'histoire de Bruce Lee (1993), le personnage de Jerome Sprout lui est inspiré.
Pourtant, il n'ouvre jamais de grande école. Il enseigne en privé, à de petits groupes, sans grades ni diplômes. Entrer dans son cercle ne s'achète pas : il faut y être introduit, faire ses preuves et revenir, encore et encore.
III
Pierre Hartmann
Élève direct de Jesse Glover et son représentant en Europe
Judo, jiu-jitsu, Yoseikan Budo, puis huit ans de boxe chinoise auprès d'Uwe Müller à Heidelberg : en 1982, il fonde la Chinese Boxing Association à Genève. En 1991, il part à Seattle et rencontre Ed Hart et Jesse Glover, qu'il suivra jusqu'en 2012.
Pendant plus de vingt ans, il organise chaque année les stages de Jesse à Genève et ailleurs en Europe, et Jesse loge chez lui.
Il a formé de nombreux instructeurs, et il continue d'enseigner à Genève, en cours réguliers comme en stages.
IV
Salman Ozserik
Passionné, pratiquant, enseignant
J'ai mis les pieds sur un tapis à 11 ans, et je n'en suis jamais vraiment sorti.
Le karaté m'a mené jusqu'à la ceinture noire et à la compétition. Puis, un jour, je me suis retrouvé face à trois personnes, dans la rue. Ce jour-là, j'ai compris les limites de ce que j'avais appris. Un combat sportif a des règles, un lieu et une date. La rue n'a rien de tout ça.
Le Non-Classical Kung Fu a changé ma vie. Je suis devenu instructeur, et l'assistant de Pierre Hartmann. Puis j'ai décidé de partager ma passion : j'ai fondé deux écoles, et je continue d'enseigner et de transmettre ma vision.
Bruce Lee disait que s'exprimer honnêtement, sans se mentir à soi-même, est ce qu'il y a de plus difficile. Au contact, c'est exactement ce qui se passe : impossible de faire semblant.
Venez essayer. Le reste, vous le sentirez par vous-même.
Le Non-Classical Gung Fu (NCGF) est la méthode de Jesse Glover, construite sur ce que Bruce Lee lui a enseigné entre 1959 et 1962, avant le Jeet Kune Do.
La différence tient en une lettre : Gung Fu est la prononciation cantonaise, celle que Bruce Lee utilisait ; Kung Fu, la forme qui s'est imposée en Occident.
Pourquoi pratiquer
Un minimum qu'on se doit
Chacun se doit une base technique et stratégique pour faire face à une agression. Pas pour devenir un combattant, mais pour ne pas être démuni.
Voir venir avant tout
La meilleure défense reste le combat qui n'a jamais lieu. On apprend d'abord à repérer une situation qui dérape, à l'anticiper et à l'éviter.
S'en sortir entier
Si on ne peut pas l'éviter, il faut réagir vite et simplement. Pas pour gagner, mais pour s'en sortir avec le moins de dégâts possible : fermer la distance, mettre fin à l'échange et partir.
Garder son calme
Sous le stress, on perd ses moyens. À force de répétitions face à un partenaire qui résiste, le corps sait quoi faire, et la tête reste claire.
Rien à prouver
Quelqu'un qui sait se défendre n'a rien à prouver. Cette assurance se voit, et elle suffit souvent à décourager.
L'entraînement
Pas de formes, pas d'enchaînements chorégraphiés. Le Non-Classical Kung Fu garde seulement ce qui fonctionne face à un adversaire qui résiste, et laisse tomber le reste.
Un processus, pas un style
Ici, pas de « style » à copier. On travaille des méthodes simples, pensées pour une personne ordinaire, qui développent la puissance, la vitesse, le timing et la sensibilité. Chacun construit peu à peu son propre « mini-système », selon ses capacités et son engagement : c'est le système qui s'adapte à la personne et à sa morphologie, jamais l'inverse.
Au club, tout s'organise autour des éléments ci-dessous :
Simplicité
Rendre chaque technique aussi simple que possible, avec toujours moins de mouvement.
Direction
Aller droit au but. Rien pour faire joli : seul compte ce qui marche.
Répétition
Mieux vaut quelques techniques efficaces bien répétées que beaucoup travaillées à moitié.
Entrées
Fermer la distance et arriver au contact, vite et en sécurité.
Backup
Le sticking : rester collé, sentir la pression et garder le contrôle.
Frappes
Des frappes simples et directes, portées à fond, sans retenue.
Pas de ceintures
Close & Fight ne distribue ni grades, ni titres, ni ceintures. Le niveau se sent au contact, et il se gagne par la répétition. Une technique ne se juge pas à son apparence, mais à son efficacité, entre les mains de gens ordinaires.
« People will know my students when they touch hands with them. »
Venir s'entraîner
Débutants bienvenus. Le premier cours sert à découvrir : venez en tenue de sport, le reste s'apprend à l'entraînement.
Vous ne pouvez pas venir le lundi ou le mercredi ? Vous voulez avancer plus vite, ou travailler un point précis ? Je propose aussi des cours privés, seul ou en petit groupe. Le contenu, le rythme et le lieu s'adaptent à vous.
Club, entreprise, association ou groupe d'amis : j'organise des stages sur demande, construits selon vos besoins. Une initiation pour découvrir, un thème précis à approfondir, ou une séance de prévention pour apprendre à voir venir une agression et l'éviter.
Non. La méthode a été pensée par Jesse Glover pour des gens ordinaires. On part de votre niveau, et on construit.
Y a-t-il des ceintures ou des passages de grade ?
Non. Pas de grades ni de titres. Le niveau se sent au contact.
Est-ce qu'on fait de la compétition ?
Non. On s'entraîne pour savoir se défendre, pas pour gagner des médailles.
Que dois-je apporter ?
Une tenue de sport confortable et de l'eau. Le reste s'apprend à l'entraînement.
Combien ça coûte ?
Le premier cours est gratuit. Pour la suite, écrivez-moi ou parlons-en après l'essai : je vous explique les formules sur place.
Le blog du club
Articles
Histoires, principes et réflexions sur le Non-Classical Kung Fu.
Les premiers articles arrivent bientôt. En attendant, suivez le club sur Instagram.
Pourquoi « Close & Fight » ?
L'histoire du club · Salman Ozserik
On me demande souvent d'où vient le nom du club. La réponse tient en une phrase de Jesse Glover : « Close and end the fight ». Fermer la distance, et mettre fin au combat.
Tout le Non-Classical Kung Fu est dans ces quelques mots. On n'est pas là pour échanger des coups à distance ni pour faire durer l'affrontement. On entre, on prend le contact, on termine, et on s'en va.
Le nom est donc un hommage à Jesse Glover. J'ai découvert le Non-Classical Kung Fu grâce à Frédéric Mariotti, un ami et partenaire d'entraînement de longue date. Je me suis entraîné deux ans avec lui avant de commencer ma formation auprès de Pierre Hartmann.
C'est aussi grâce à Pierre et Frédéric que j'ai rencontré Jesse Glover et Steve Smith, lors d'un stage organisé par Frédéric à Neuchâtel, en 2005.
De 2004 à 2011, j'ai eu la chance de participer chaque année aux stages que Pierre organisait avec Jesse Glover et ses élèves, en Suisse et ailleurs en Europe, dans un cercle resté volontairement restreint.
En 2011, lors de la dernière démonstration de Jesse Glover en Suisse et en Europe, Frédéric et moi avons eu l'honneur de faire la démonstration avec lui.
Grâce à Pierre, les élèves de Jesse continuent de venir en Suisse et en Europe pour des stages et des entraînements. Parmi eux, Barry Mar, élève et ami de Bruce Lee et de Jesse Glover, nous a fait l'honneur de venir à plusieurs reprises à Neuchâtel.
Ces années passées à apprendre aux côtés de pratiquants aussi passionnés m'ont énormément apporté : des rencontres rares, des échanges sincères, et l'envie de transmettre à mon tour.
C'est ainsi qu'est né Close & Fight, à Neuchâtel, en 2008. Une deuxième école a suivi à Lausanne, de 2010 à 2016. Aujourd'hui, j'enseigne uniquement à Neuchâtel.
Ce que j'ai reçu de ce cercle, je le transmets aujourd'hui avec la même passion.
Liens
Vidéos, sites de référence et réseaux pour aller plus loin.
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Démonstration de Jesse Glover, 2011Sa dernière démonstration en Suisse, avec Frédéric Mariotti et Salman OzserikVoir la vidéo
Démonstration de Barry Mar à LondresÉlève et ami de Bruce Lee et de Jesse Glover, avec la participation de Salman OzserikVoir la vidéo
Démonstration de Pierre HartmannReprésentant de Jesse Glover en Europe, avec la participation de Salman OzserikVoir la vidéo
NCKF, Pierre HartmannLe site de Pierre Hartmann, représentant de Jesse Glover en Europenckf.ch
Frédéric MariottiAmi et partenaire d'entraînement de longue date, à Genève@bnc_geneve
Seattle NCGFLe site officiel du Non-Classical Gung Fuseattlencgf.com
Jesse GloverVidéos et livre de Paul Bax sur Jessejesseglover.com
Sources du site
Jesse Glover, « Bruce Lee's Non-Classical Sticking Hands » et Bruce Lee entre Wing Chun et Jeet Kune Do ; seattlencgf.com, site officiel du NCGF ; jesseglover.com (livre de Paul Bax) ; nckf.ch, site de Pierre Hartmann.
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